Les modalités d’orientation et de renseignement des touristes en France ont évolué. Le mode de diffusion numérique a profondément modifié les usages et les attentes des touristes. Les organismes de tourisme ont ainsi dû adapter leur offre de service en gérant la transition numérique et en orientant leur recrutement sur des profils ayant des compétences numériques fortes. Les compétences d’animation d’un collectif, d’un réseau sont également fondamentales.
Par ailleurs, du fait des diverses réformes territoriales des collectivités locales et du regroupement des structures de tourisme, les dirigeants d’organismes de tourisme connaissent un fort enjeu de professionnalisation. Cela impacte fortement le management des organisations qui deviennent plus importantes avec des niveaux intermédiaires qui se créent.
Comment s’adapter aux enjeux d’emplois et de compétences des saisonniers du tourisme ?
Quel est le profil des saisonniers du tourisme ? Quelles sont les mutations à l’œuvre et les impacts sur les stratégies de recrutement des entreprises du tourisme ? Quels sont les leviers d’attractivité à actionner sur ces métiers et les actions à développer pour répondre aux besoins en emplois et compétences actuels et à venir ?
La filière tourisme constitue un vivier d’emplois saisonniers important en France, 1ère destination touristique mondiale. Dans le même temps, les métiers du tourisme font face à de véritables mutations, liées notamment aux conséquences de la crise sanitaire, ou encore à l’évolution du rapport au travail.
Afin de mieux identifier et anticiper ces évolutions et les nouvelles compétences attendues, les sept principales branches professionnelles dont les activités sont liées au tourisme[1], leurs opérateurs de compétences Afdas et Akto livrent une analyse quantitative et qualitative sur les emplois saisonniers dans plusieurs métiers du secteur du tourisme (Hôtels, Cafés, Restaurants, Casinos, Espaces de Loisirs, d’Attractions et Culturels, Organismes de tourisme, Hôtellerie de plein air, Restauration commerciale libre-service et Restauration rapide). Celle-ci a été mené dans le cadre de l’Engagement pour le développement de l’emploi et des compétences (EDEC) Tourisme cofinancé et accompagné par le Ministère du Travail, du Plein emploi et de l’Insertion.
Réalisée par le cabinet Katalyse, l’étude répond à deux objectifs :
À la clé, un portrait chiffré et détaillé des saisonniers du tourisme, un décryptage des enjeux du secteur et des recommandations, véritables outils stratégiques RH pour développer l’attractivité des métiers, fidéliser les salariés et sécuriser les parcours professionnels.
À LIRE :
Un profil statistique des saisonniers
La saisonnalité de l’activité récurrente en été et hiver, la proportion de saisonniers dans chaque branche, la grande diversité des métiers de saisonniers (métiers de l’hôtellerie, de la vente, de l’animation, de l’entretien, de l’administration…) et la majorité de contrats de travail occasionnels (54%) ou saisonniers et de contrats à durée déterminée (CDD) (21%) apportent des clés de compréhension pour optimiser les actions sur le renouvellement des postes et le recrutement de nouveaux profils.
Les stratégies des entreprises employeuses pour recruter et fidéliser
Les deux dernières années, et plus particulièrement la saison 2022, ont été marquées par de fortes tensions en recrutement impliquant une restriction de l’offre en haute saison par manque de saisonniers. Plusieurs motifs sont invoqués par les entreprises conscientes de la nécessité d’adapter les critères de recrutement, leurs méthodes pour sourcer de nouveaux candidats et l’attractivité de leurs établissements.
Le profil et parcours des saisonniers
Les attentes différenciées en termes d’emploi et de formation des saisonniers permettent de définir six grands profils de saisonniers (les saisonniers de carrière, les saisonniers par hasard, les carriéristes avec un objectif professionnel précis, les entreprenants, les saisonniers de passage et les « jobs d’été ») et d’y associer des enjeux RH spécifiques relatifs à leur fidélisation, leurs besoins en accompagnement, leur sécurisation professionnelle, etc.
Les enjeux et recommandations
Pour outiller les structures et éclairer les axes de développement des compétences, l’étude distingue cinq familles d’actions pour répondre aux besoins en emplois et compétences des saisonniers du tourisme : «Jouer collectif durablement» en favorisant la mise en place d’actions sur les saisonniers en interbranche, élargir le sourcing pour former davantage de saisonniers du tourisme, favoriser les parcours de formation et de mobilité professionnelle des saisonniers durables, favoriser les solutions d’accueil locales pour les saisonniers et assurer une meilleure reconnaissance de la saisonnalité.
[1] 7 branches professionnelles : Casinos, Espaces de Loisirs, d’Attractions et Culturels (ELAC), Organismes de tourisme (OT), Hôtellerie de plein air (HPA), Restauration commerciale libre-service (RCLS), Restauration rapide (RR), Hôtels, cafés et restaurants (HCR).
>>> Pour aller plus loin: Visionnez le Webinaire Afdas Decrypt' spécial Semaine des Métiers du Tourisme
L’Observatoire des métiers de la branche des organismes de tourisme (offices de tourisme, comités départementaux et régionaux du tourisme et Gîtes de France) associé à l’Afdas, opérateur de compétences, a effectué l’actualisation du contenu du référentiel des activités-responsabilités sur la base de visites physiques d’organismes de tourisme, d’entretiens téléphoniques (directeurs d’organismes et techniciens métiers) et des travaux du comité de pilotage. Cette actualisation a notamment permis d’approfondir les compétences liées à l’accompagnement et au conseil, à l’analyse des datas ou à la commercialisation.
La diversité des organismes de tourisme, tant dans leur taille que dans leur organisation, rend difficile une cartographie des postes de travail de la branche sous le seul angle fiche métier, trop générique.
Le référentiel vise à appréhender chaque poste dans sa totalité et à fournir des blocs appelés activités-responsabilités qui, une fois assemblés, servent à décrire les postes de travail des collaborateurs de façon standardisée, sur une base commune à tous les organismes de tourisme.
Ces activités-responsabilités sont classées en 9 familles :
Le référentiel permet :
Les organismes de formation peuvent ainsi mobiliser cet outil pour des usages RH tels que la définition des postes et formation, la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) ou encore la conduite de changement.
Les organismes de tourisme, regroupant 1 390 structures et 13 400 salariés connaissent de nombreuses mutations qui amènent leurs dirigeants à faire évoluer les compétences de leurs salariés et recruter des profils nouveaux, notamment dans le domaine du numérique ou de l’animation de collectifs et de réseaux.
Par ailleurs, du fait des diverses réformes territoriales des collectivités locales et du regroupement des structures de tourisme, les dirigeants doivent faire face à un fort enjeu de professionnalisation, qui impacte fortement le management des organisations en créant, par exemple, des niveaux intermédiaires.
Enfin, en conséquence de la baisse des financements publics, les organismes de tourisme doivent développer leur capacité d’autofinancement, par le biais d’action de commercialisation ou de marketing.
C’est pourquoi le référentiel activités-responsabilités est essentiel dans l’accompagnement des structures dans les évolutions professionnelles de leurs salariés
Ce référentiel a été créé et actualisé à l’initiative de la commission paritaire nationale emploi-formation des organismes de tourisme (regroupant offices de tourisme, comités départementaux et régionaux du tourisme et Gîtes de France) dans le cadre de l’Observatoire des métiers qu’elle a mis en place. Cet Observatoire est l'outil de veille au service de la politique de l'emploi et de la formation professionnelle de la branche.
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